Cadre légal
Durées de conservation, base légale, droits des candidats, sous-traitance et transferts hors UE. Les fonctions à exiger d'un éditeur.
Un logiciel de recrutement est un traitement de données personnelles au sens du RGPD, et vous en êtes le responsable — pas l'éditeur. Cette répartition est mal comprise et c'est elle qui fait la différence en cas de contrôle : l'éditeur est sous-traitant, vous êtes responsable de traitement. Ce chapitre liste ce que votre outil doit savoir faire pour que cette responsabilité soit tenable.
Pour traiter une candidature, vous n'avez pas besoin du consentement du candidat. La base légale est l'exécution de mesures précontractuelles à la demande de la personne : quelqu'un postule, vous traitez sa candidature. C'est direct et solide.
Le consentement devient nécessaire dans un seul cas : conserver un profil dans un vivier au-delà du recrutement pour lequel il a postulé. C'est un traitement distinct, avec une finalité distincte, et il exige une démarche explicite du candidat.
Conséquence concrète sur l'outil : il doit distinguer techniquement ces deux stocks. Une candidature en cours et un profil en vivier ne suivent pas les mêmes règles ni les mêmes durées. Un ATS qui met tout dans la même base sans distinction vous place en infraction dès la première année.
La CNIL retient une durée de deux ans après le dernier contact pour les candidatures non retenues. C'est une recommandation, pas un texte : vous pouvez retenir une durée différente si vous savez la justifier, mais deux ans est la référence en cas de contrôle.
Ce que l'outil doit permettre :
Demandez une démonstration de ces quatre points. C'est le test de conformité le plus discriminant du marché, et beaucoup d'outils de milieu de gamme le passent mal.
Un candidat peut demander l'accès à ses données, leur rectification, leur effacement, et s'opposer au traitement. Vous avez un mois pour répondre.
En pratique, la difficulté n'est pas juridique, elle est opérationnelle : retrouver toutes les traces d'une personne. Un candidat qui a postulé trois fois sur cinq ans, dont une via un job board et une par mail transféré, existe potentiellement en plusieurs exemplaires dans votre base.
Ce que l'outil doit permettre :
Certaines données ne doivent tout simplement pas entrer dans l'outil : origine, opinions politiques, convictions religieuses, santé, orientation sexuelle, appartenance syndicale. Le problème vient rarement d'un champ prévu pour ça — il vient des CV eux-mêmes, des commentaires libres et des pièces jointes.
Deux conséquences pratiques :
Trois questions à poser à l'éditeur, et à faire figurer au contrat :
Ajoutez une question que personne ne pose : les données servent-elles à entraîner des modèles ? Plusieurs éditeurs ont ajouté des fonctions d'intelligence artificielle sans clarifier ce point. Exigez une réponse écrite.
La conformité n'est pas une case à cocher en fin de grille, c'est un critère de sélection à part entière, pour une raison simple : une non-conformité structurelle de l'outil devient votre non-conformité. Vous ne pourrez pas la corriger après coup sans changer d'outil.
Si vous envisagez un développement sur mesure, la charge bascule entièrement de votre côté : vous maîtrisez l'hébergement et les durées, mais personne ne les implémente à votre place. Prévoyez explicitement la purge automatique et l'export au cahier des charges, sinon ils ne seront pas développés.
Non. La base légale est l'exécution de mesures précontractuelles prises à sa demande. Le consentement n'est requis que pour conserver son profil dans un vivier au-delà du recrutement concerné, ce qui constitue une finalité distincte.
Deux ans après le dernier contact est la durée de référence retenue par la CNIL. Vous pouvez justifier une durée différente, mais il faut pouvoir la justifier. Au-delà, suppression ou anonymisation.
Oui. Les appréciations qui le concernent sont des données personnelles et entrent dans le champ du droit d'accès. C'est la raison pour laquelle les commentaires doivent rester factuels et rattachés aux compétences requises par le poste.
Ils constituent un traitement au même titre que les autres et suivent les mêmes règles de durée. C'est précisément le genre de stock parallèle qui rend impossible de répondre correctement à une demande d'effacement. Faites-les entrer dans l'outil, ou fermez le canal.
Il est sous-traitant et engage sa responsabilité à ce titre, mais vous restez responsable de traitement vis-à-vis des candidats et de l'autorité de contrôle. C'est vous qui notifiez, vous qui informez les personnes concernées, et vous qui devez démontrer que le choix du sous-traitant offrait des garanties suffisantes. D'où l'intérêt d'avoir posé les trois questions d'hébergement avant de signer.
Une méthode de sélection en six étapes, les critères qui comptent vraiment et ceux qui ne servent qu'à remplir les grilles comparatives.
Ce qui s'exporte, ce qui ne s'exporte jamais, et la séquence de migration qui évite de perdre l'historique des candidatures.
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